Traitement à l’hôpital : l’heure du bilan – épisode 2

Après avoir découvert les conditions réelles du traitement et donné mon accord, passons à l’épisode 2 de notre petite saga sur mon aventure à l’hôpital, et parlons aujourd’hui du concret :

Comment ça s’est passé ce 1er séjour ?

Pour rappel : on m’avait promis 1 journée de tests et mesures en tous genres, et 1 journée pour l’injection et un petit temps de convalescence avant de repartir, pour finalement me refourguer un séjour 3 jours et 2 nuits. Joie.

Jour 1 : tests et mesures en tous genres – bienvenue en absurdie

J’étais convoquée à 9h du mat. Le programme s’annonçait donc dense. Je me pointe donc avec ma petite valise, prête à subir une épreuves de ouf, et on m’invite à m’installer dans ma chambre. J’attends. J’attends encore. C’est long. J’attends. Putain mais c’est vraiment trèèès long là. Je vais au bureau des infirmières et demande à tout hasard :

– « Hello, euh je sais pas si c’est normal mais je me demande si on ne m’a pas oubliée…? Je crois que je dois faire plein de tests pour mon injection de demain ? »

– Oui oui ne vous inquiétez pas. Là il est 10h45… bah on va venir vous faire une prise de sang. Après ça sera l’heure du repas. Et cet aprem vous avez rdv à 15h pour faire un bilan respiratoire. Et ça sera tout.

Ma réponse dans ma tête : EUH. Excusez-moi mais est-ce que vous êtes en train de me dire que j’ai posé une journée et que je me suis levée aux aurores pour… souffler 10 min dans un tuyau et faire une putain de prise de sang ?

Ma réponse en vrai : EUH. euh. euh. C’est tout ?

– Oui. Normalement vous deviez aussi faire un bilan avec un kiné mais ils ne sont là que 2 jours par semaine, donc tant pis. On verra s’ils peuvent quand même passer après l’injection… Ca ne sera pas idéal parce que du coup vous serez en train de reposer mais bon… voilà.

Alors petite aparté, en vrai je suis quelqu’un de plutôt cool et trèèès patiente, mais là ça sentait carrément le plan qui allait me faire péter un plomb ! Pardonnez ma déformation professionnelle, je sais qu’on ne gère pas un hôpital comme on gérerait une entreprise mais WESH LES GARS ! C’est quoi cette organisation toute moisie là ?

Retour dans ma cellule chambre. Pas de nouvelles de la prise de sang. Midi. La porte s’ouvre, le plateau repas arrive. Menu du cafard. Mais par la suite j’apprendrai :

  • que le premier repas ce sera toujours le même (dindonneau purée)
  • qu’en fait c’est de loin le meilleur repas de tous ceux du séjour parce que les amis vous ne me croirez jamais mais un jour un tortionnaire a mis la main sur les menus : un midi j’ai eu droit … à de la langue de boeuf ! et le soir à du boudin noir ! Frérot mais qui fait ça ? Déjà t’es à l’hosto c’est dégueu mais tente pas des dingueries comme ça, sois consensuel, mets du jambon et des petits pois j’en sais rien mais pas des trucs que même au resto étoilé tu tenterais pas !
  • qu’en fait il n’y a pas assez de plateaux repas pour tous les patients donc une fois sur deux je récupérais le plateau de Richard, Sarah, Véronique (ces personnes sont-elles décédées entre temps ou bien ont-elles opté pour un Uber Eat ? le mystère restera entier), régime sans sel et autres joyeusetés qui pimp encore plus l’expérience.

Je parle beaucoup de bouffe, mais quand c’est le seul truc de ta journée, c’est important !

Arrive enfin le climax de mon emploi du temps : la prise de sang. Ca n’a l’air de rien mais chez moi c’est toute une histoire… non pas que j’aie peur des aiguilles mais en fait je suis impiquable ! Genre on ne trouve pas mes veines, elles n’existent pas, elles se cachent, elles sont minuscules, invisibles, et si jamais par chance on arrive à piquer dedans, elles pètent au bout de 2 secondes. Je préviens l’infirmière qui me rétorque en souriant qu’elle a l’habitude, je souris parce que je savais qu’elle allait répondre ça, et la galère commence. On me pique une fois, deux fois, on change de bras, trois fois, on change d’infirmière, quatre fois, on rechange de bras on passe à la main, pas une goutte, on passe aux pieds yolo (aïe), rien. A la septième (jpp) on s’agite, on change de stratégie et on fait venir les anesthésistes, parce qu’eux, ce sont les chiens truffiers de la veine, ils trouvent direct. Alléluia, du rouge, ça coule, et là je tente de m’évanouir quand je vois qu’il faut remplir 5 tubes. Mais on y arrive youpi. Je peux enfin retourner à mon ennui mortel maintenant que je suis un morceau de gruyère géant avec des trous partout.

Sauf que 2h plus tard je vois les anesthésistes-truffiers re rentrer dans ma chambre et me dire

-« Madame, on est désolés mais on a perdu un tube il faut vous re-prélever ».

-Nooooooooooon ! Bon ok.

On recommence. Et là évidemment je croyais que j’étais enfin tranquille pour la fin de la journée, mais c’était sans compter sur un nouveau rebondissement au rayon tubes et aiguilles. Vous le sentez venir ? Qui entre à nouveau dans ma chambre sur les coups de 20h ? Nos amis anesthésistes et oui ! Alors là je dégaine direct :

-Ah non ne me dites pas que vous devez encore me piquer les gars !

-Malheureusement si… on a eu un problème avec un de vos tubes, celui qui mesure le fait que votre sang coagule bien, en fait le sang a coagulé dans le tube avant que le labo fasse les analyses du coup on doit refaire, on peut pas prendre le risque avant votre injection si jamais on se rend compte que vous ne coagulez pas bien.

-Euh désolée je ne suis pas médecin hein, mais si le truc a coagulé AVANT on peut peut-être considérer que du coup ça coagule justement non ?

-Mmmh oui… mais non, il faut faire les choses bien.

Soit.

Jour 2: le jour de l’injection

Vous avez déjà pu lire ici la petite crise de panique et le volte-face que j’ai tenté e faire, avant de finalement me résoudre à accepter.

Pour le coup l’injection s’est bien passée. J’ai été opérée de toute la colonne vertébrale quand j’avais 11 ans et je vis avec littéralement une tour Eiffel dans le dos (des vis et des boulons entre chaque vertèbres) donc le challenge c’était de trouver un petit trou dans la colonne de ferraille pour que l’aiguille de 25 cm puisse passer. Donc pour être sûr qu’on vise au bon endroit, tout ça se fait sous scanner, on plante un peu l’aiguille, on vérifie au scanner qu’on est pas à côté de la plaque, on ré-enfonce un peu on revérifie etc. C’est un peu longuet mais en vrai rien de traumatisant ni d’insurmontable. En gros l’opération consiste à faire une ponction lombaire et réinjecter un produit actif à la place.

Après ça, retour dans la chambre pour un peu de repos. J’étais un peu sonnée mais je soupçonne davantage le stress lié au séjour global que l’injection en elle-même… et là, le meilleur pour la fin, mon moment préféré de tous le séjour : mesdames et messieurs le TEST DE KINE.

Alors il s’agit d’un questionnaire où le gars me demande si je peux faire des gestes, je lui réponds oui ou non, et on essaye de mesurer pour voir si d’injection en injection je gagnerai en mobilité. Sauf que le truc très drôle avec ce questionnaire c’est que l’ordre des questions n’a vraiment ni queue ni tête du coup ça donne des trucs absurdes. Exemple :

-Est ce que vous pouvez tenir assise seule ?
-Non
-Est-ce que vous pouvez soulever votre tête du matelas quand vous êtes couchée ?
-Non

(Oui alors globalement j’ai beaucoup répondu non, on a de la marge pour progresser.)

-Est-ce que vous pouvez soulever votre bras ?
-Non

-Et est-ce que vous pouvez vous lever et tenir debout ?

-Bah je sais pas, devine ?

-Est ce que vous pouvez replier une jambe ?

-Non

– Est-ce que vous pouvez faire le pont ?

HAHAHAHA

Enfin celui que j’ai désespérément attendu : jour 3 !

Une fois que tout le monde avait bien pu constater que tout allait bien, j’ai enfin pu rentrer chez moi et sortir de l’hôpital. Alors le bilan c’est que globalement il n’y avait pas grand chose à signaler mais j’avais quand même l’impression d’avoir un tout petit peu plus de force dans la mesure où j’avais trop envie de gigoter des doigts comme si j’avais une envie pressante de jouer du piano.

Effet psychologique ou réel ? Une nouvelle vie de prodige du clavier allait-elle s’ouvrir à moi ? La suite au prochain épisode pour le bilan général de cette épopée à l’hosto !

One thought on “Traitement à l’hôpital : l’heure du bilan – épisode 2

  1. belle façon de raconter un épisode toujours compliqué de nos vies AVEC un handicap
    et on comprend bien pourquoi notre paqssage dans le monde médical nous vaut le « titre » de « patients » 🙂
    bon courage bonne continuation 🙂
    PS il me semble qu’on s’est vus brievement « ben vrai » quelque part dans les Pyrénées autour du 15 aout 2022…

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