Il y a quelques jours, j’ai eu la chance d’être invitée à Malte pour intervenir à la conférence européenne des services sociaux (pour expliquer en quoi Wheeliz changeait la donne en France). L’évènement durait deux jours à la Valette, et j’étais super contente de participer + de découvrir un nouveau pays, mais impossible pour moi d’y aller sans India  (je ne l’ai toujours emmenée partout avec moi et c’est pas maintenant que ça va changer !) et sans mon fauteuil électrique !

Mais tout ne s’est pas passé exactement comme prévu…

Episode relou n°1 : la compagnie aérienne. Pour aller à Malte, c’est pas bien compliqué, il y a que deux compagnies aériennes au départ de Paris : Air Malta et Transavia (le low-cost d’Air France). Le problème de la première c’est qu’elle n’accepte pas les Handichiens en cabine, et le problème de la seconde c’est qu’elle a des horaires vraiment moisis. Genre décollage à 6h du matin 3 fois dans la semaine, et t’as pas le choix (c’est à dire lever 2h du matin = beneeeeff). Mais même pas peur, on a décidé de se lever à l’aube et de prendre Transavia.

Episode relou n°2 : la panique. Veille du départ, 21h30, lever dans 4h30. « Mais au fait, y’a peut-être des formalités pour faire entrer un chien à Malte ? 😳 «   Je suis habituée à ce qu’India me suive partout (supermarchés, cinéma, restaurant, avion) et j’ai déjà voyagé en Espagne et à la Réunion sans problème avec elle. Du coup je ne me pose plus de question. Mais là, le doute m’envahit à quelques heures du décollage. Je check à tout hasard sur Internet, et bingo.

« Pour entrer à Malte, tous les animaux y compris les chiens guides et d’assistance doivent répondre au critères suivants :

  • avoir un passeport (ok, je l’ai)
  • présenter un certificat de bonne santé établi par un vétérinaire (euuuhhh…)
  • avoir été traité contre le ténia (whaaat ?) 
  • être testé négatif contre la rage (euh un vaccin classique ça suffit pas ?)
  • être testé négatif contre le ténia (putain mais c’est quoi leur délire avec le ténia) 
  • avoir reçu une autorisation d’importation par le Ministère de l’Agriculture Maltais (bon bah là c’est mort, disons-le clairement.)

Le moins qu’on puisse dire, c’est que les Maltais rigolent pas avec les animaux ! Que faire ? Je décolle dans 7h, je n’ai absolument pas la moindre idée d’à qui laisser mon chien, et je décrète que cette règle est naze. A tout hasard j’appelle la compagnie Transavia et je lui demande ce qu’elle en pense, je tombe sur une nana dans un call center qui s’obstine à me répéter « pas de problème, votre chien pourra voyager en cabine », mais moi c’est pas la cabine qui m’inquiète, c’est APRÈS LA CABINE. Genre imaginez, je sors de l’avion, et je me fais coincer par la police qui séquestre mon chien à la sortie de l’espace international. Et on termine comme Tom Hanks dans le film Terminal, coincées dans un aéroport pour toujours.

 

Elle finit par ma dire d’appeler la Police des Territoires. Aucune idée de ce que c’est mais je suis déterminée yolo j’appelle. Personne ne répond, normal il est 22h.

Dans un élan de désespoir, j’appelle l’aéroport de Malte, et sans trop savoir à qui je veux parler, je tape sur le numéro qui correspond à l’immigration. J’explique mon problème, on me dit « je dois demander à mon boss, je vous rappelle ». Je n’y crois pas une seconde. Mais miracle ! On me rappelle ! Et la dame me dit « no problem ». Je suis sure qu’elle n’a pas compris que je n’avais AUCUN DES PAPIERS DEMANDÉS. Mais du coup je m’endors en me disant « vas-y emmène la, au pire tu pleureras à la douane et tu resteras dans une cage avec elle avant de rentrer par le premier avion en France. »

Nous voilà donc dans l’avion pour La Valette !

Je dois reconnaître que j’étais un peu stressée à l’idée d’arriver. On atterrit, le mec de l’assistance vient nous chercher à bord pour nous accompagner aux bagages récupérer mon fauteuil électrique, et là, l’air de rien je lui demande « euh au fait on doit passer la police pour montrer nos passeports ? 😇 »

« non non pas la peine, c’est l’UE donc y’a pas de controle »

Yessss ! Allez ! On se casse vite vite vite !

On fonce aux bagages, et là, c’est le drame. Fauteuil cassé. Le coffre derrière dans lequel je mets toutes mes affaires était cassé en mille morceaux. Plus de frein moteur. Boitier tordu. Capot fendu. Bref, la merde.

Du coup le mec me dit que si je veux je peux aller faire une réclamation au service bagages par-là. Je cherche des yeux le service, je vois un gros panneau, et juste à côté, un panneau encore plus gros avec écrit « Douane ». Dans ma tête je me dis « NO WAY, ne vas pas là, tant pis, tu porteras plainte à Paris, tire-toi avec ton chien tant que personne ne t’a gaulée ». Mais le mec insiste, et je pense à mon pauvre fauteuil qui va me coûter 600€ de réparations, alors j’y vais, tremblante.

On fait le dossier, ça dure trois plombes, je ne quitte pas des yeux la porte de la douane qui reste fermée. Et au moment où on termine le dossier, évidemment, la porte s’ouvre. Deux officiers passent à côté de moi, regardent le chien, et continuent leur route… Avant de revenir me voir.

« Excusez-moi, le chien là, c’est à qui ? »

– Euuh à moi ? 😁

– Montrez moi ses papiers s’il vous plait.

Et merde. Ca y est, c’est foutu, on est bons pour aller dans la prison vétérinaire, avec tous les animaux interdits confisqués.

-Oui, bien sûr… Tenez. (foutu pour foutu, je décide de jouer la grosse débile et je donne le seul document en ma possession : son passeport).

-Ok, et les autres documents ?

-Comment ça ? Quels autres documents ?

-L’autorisation du ministère, le traitement contre le ténia, et le reste.

PANIQUE TOTALE. QU’EST-CE QU’ON FAIT ?

Prise de court, je sors la pire phrase :

-Désolée mais je suis pressée, on m’attend, allez au revoir.

Et je fais mine de partir comme un prince.

-Hop hop hop Mademoiselle, attendez, vous ne bougez pas, on va appeler un vétérinaire.

Putain. L’enfer. Je me voyais déjà dire adieu à mon chien.

Et là, s’en est suivie la pire négociation de toute ma vie, où je disais au mec « mais regardez ! super healthy dog ! very good dog ! special dog » blablabla. C’était pathétique, je m’entendais dire les pires conneries tel un marchant de tapis pour qu’il me laisse filer.

ET MIRACLE. Ca a marché. Genre comme ça, il m’a dit « Allez c’est bon, vous pouvez passer pour cette fois. »

En vrai, j’étais tellement soulagée, que même si mon fauteuil était pété, je m’en fichais, j’étais HAPPY HAPPY !

Et du coup on est arrivé à l’hotel dans une voiture aménagée trop tendance, qui ressemblait à une Papamobile.

Moralité : se renseigner sur les formalités pour voyager avec son chien 😀 et ne plus jamais prendre Transavia (au retour, j’ai refait une réclamation pour être sûre, et j’avais déjà eu un problème avec Air France qui avait abimé mon fauteuil mais tout vait été remboursé, et là on m’a répondu « Ah mais Air France et Transavia n’ont pas les mêmes politiques en cas de problème Madame. Vous comprenez on ne traite pas pareil quelqu’un qui a payé son billet 1000€ et quelqu’un qui a payé 200€« . Bel esprit).

Et sinon Malte, c’était super rapide et j’y étais pour bosser donc je n’ai pas eu beaucoup de temps pour me faire une idée, mais le peu que j’ai vu m’a surprise en terme d’accessibilité (ex : ils mettent des ascenseurs dans des endroits pour le moins… étonnants !)