Les PMR débarquent à Mykonos existent pour de vrai !

Vous connaissez la série Push Girls ?

Non, il ne s’agit pas d’une émission de préparation à l’accouchement, ni de portraits de femmes culturistes.

L’autre soir, en zappant devant ma télé, je suis tombée sur une image qui a retenu mon attention : quatre bimbos californiennes, maquillées comme des camions volés, armées de décolletés pigeonnants et de talons aiguilles vertigineux. Sauf que nos quatre nouvelles amies sont… en fauteuil. « Ah mais quelle merveilleuse idée !! Enfin une émission qui montre qu’on peut être glamour et handicapé ! Ca nous change du Téléthon et des malades déprimants ! » En plus c’est une série diffusée toutes les semaines, on peut s’en gaver jusqu’à plus soif.

Pitié.

« La drague c’est ma passion, j’adore flirter ! » glousse l’une d’entre elles dans un grand moment de rire à gorge déployée + mouvement de cheveux.

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C’est là que le drame commence.

J’ai découvert l’existence d’une nouvelle chaîne de télé, « la chaîne de la diversité », Numéro 23. Déjà une chaîne de la diversité, je suis désolée, mais ça ne présage rien de bon. Ça pue le mélodrame à plein nez. (Je vous laisse aller faire un tour sur la page Wikipédia, c’est un régal.)

Alors certes, cette émission, ça parle de positive attitude, de surmonter les obstacles, de kiffer la vie tout ça. Mais honnêtement, la ficelle est tellement ENORME que ça m’a vraiment mise mal à l’aise.

Entre leur séance de shopping, et leur date amoureux, on a le droit au pire. Changement d’ambiance, musique larmoyante, et là, l’horreur. A grand renfort de violons, on découvre que l’une des quatre girls, Auti Angel, ancienne danseuse hip-hop, est devenue tétraplégique après un accident de voiture. Jusque là, à la limite ça va. Mais non, on n’aurait pas pu se contenter de suivre des nanas normales. Donc on apprend qu’elle est ensuite devenue dépendante à l’alcool et aux drogues, puis a ensuite été incarcérée dans une prison non adaptée aux handicapés avant d’être placée dans l’aile réservée aux malades mentaux.
Je ne comprends pas. C’est ça dédramatiser le handicap ?

Du coup, je me suis un peu renseignée, j’ai lu deux trois articles sur Internet. Et là, JACKPOT.

Vous vous souvenez de ma petite blague sur Les PMR débarquent à Mykonos ? ET BIEN J’AVAIS RAISON ! On a même inventé pire, et ça existe pour de vrai !

En Angleterre, en 2009 sur la chaîne Channel 4, Cast-offs (« Parias » en français) a mis en scène six handicapés qui doivent survivre sur une île déserte durant 90 jours. Au programme, un aveugle, une victime de malformation, un handicapé moteur, un sourd et un nain. Je vous jure.

J’hésitais à vous mettre la vidéo tellement on touche le fond.

11 thoughts on “Les PMR débarquent à Mykonos existent pour de vrai !

  1. Cast Offs ressemble à s’y méprendre à une série à l’humour complétement jeté comme savent faire les anglais ! Enfin perso moi ça me donne envie de la regarder, l’absurde c’est la vie !

  2. J’avais lu un truc sur cette télé-réalité (de merde, mais c’est un pléonasme). Ayant une fille handicapée mentale, j’ai été hyper choquée !! mais jusqu’où iront-ils dans la connerie ???

  3. Je viens de te voir passer dans l emission 7 a 8 et suis donc passee sur ton blog . Promesse tenue un site full humour, mon pere n arrete pas de me demander a cote ce qui me fait tant rire ! 🙂

  4. Je pense que le moment que j’ai préféré dans Push Girls c’est quand l’une des filles se fait aider par sa tante. Elle est allongée sur le lit, avec sa culotte zébrée et la sonde urinaire qui dépasse…Soudain son mec débarque. Instant glamour..

  5. Une petite erreur qui change tout: Cast offs est un faux documentaire et heureusement! Sinon on tomberait bien bas… Bien sûr ce sont de vrais handicapés, mais ils sont tous acteurs! Un exemple moins choquant: la série Modern Family.

    1. Ah tant mieux ! Mais je ne suis pas sure que ça change tout. Je comprends la démarche de ne plus faire du handicap un tabou, d’user de l’humour etc. Mais selon moi, l’effet « ghetto : les handicapés restent parqués entre eux » reste le même. Et je trouve cela quand même un peu dérangeant, car on ne peut pas s’empêcher de regarder ces acteurs par voyeurisme et curiosité. Vrai ou faux documentaire, la dynamique reste la même pour le spectateur.

    2. C’est une idée de personnes non handicapées.
      Elle ne sert pas l’universalité de la personne et de l’accessibilité de son environnement.
      C ‘est pas cela qu’il faut développer.
      A chier

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