Le coup de la panne / One night in Chacha

En cette fin de week-end, je vais vous parler de choses plus légères, parce que ma vie est quand même cool, et il serait bien malhonnête de ma part de ne parler que de galères de transports (même si au fond, c’est la passion n°1 des Français, je le conçois).

Tout le monde a peur de tomber en panne de batterie, c’est bien connu. Plus de smartphone, l’angoisse.

Mais imaginez encore pire : tomber en panne de batterie de fauteuil, à 4h du mat’ au milieu du dancefloor, une copine bourrée/hystérique qui retourne la boîte pour appeler une dépanneuse.

Retour sur une soirée au petit goût d’absurde.

22h30 : choix de la boîte

Il ne vous aura pas échappé que les boîtes accessibles dans Paris ne courent pas les rues : elles sont souvent en sous-sol, enfouies dans les entrailles de la Terre. Quand bien même j’accepterais de me faire porter dans la descente, je n’oserais pas imaginer la remontée 4h plus tard une fois mes porteurs imbibés d’alcool. Je préfère ne pas tenter le diable, et me contenter des boites de plain-pied. Showcase ? Chacha ? Curio Parlor ? Bus Palladium ? Si elles sont si peu nombreuses, je crois que c’est parce que les personnes en fauteuil, il faut le dire, sortent pour la plus grande majorité, très peu, surtout en boîte. Du coup c’est vrai que personne ne voit vraiment l’utilité de faire des accès, et les « personnes à mobilité réduite » se retrouvent d’autant plus privées de plein de lieux cool. Un vrai cercle vicieux. Mais bon, ce soir-là, j’ai décidé de sortir, et on opte pour le Chacha.

 

23h30 : je vous épargne le récit du moyen de transport jusqu’à la boîte…

00h15 : arrivée sur place

Il faut savoir que le videur est une espèce ultra-manipulable, et pleine de bons sentiments, ce dont, j’avoue, je profite un peu… J’en ai déduit qu’aucun physio n’oserait jamais me recaler, même dans la boîte la plus sélect’,  de crainte que je crie au scandale et à la discrimination (en vrai je n’oserais JAMAIS faire une chose pareille, mais bon, le doute plane, profitons-en), et du coup la voie est libre. Je m’approche donc, armée de mon plus beau sourire et de la copine du groupe la plus jolie (ça marche moins bien si elle est pas top). On entre, sans faire la queue, en mode VIP de la discrimination positive (oui c’est tricher, mais quitte à avoir quelques avantages, je ne vais pas cracher dessus).

C’est à ce moment-là qu’il faut annoncer au mec qu’en fait, vous êtes avec le groupe de 17 personnes qui attend sur le trottoir, d’un air tout à fait innocent, comme si cela ne posait absolument pas problème.

00h20 : dans la boîte

Je ne fais pas partie de cette espèce (bizarre) de gens qui affirment qu’on peut danser en fauteuil. A vrai dire, je trouve ça franchement chelou. Mais il y a mille et une autres bonnes façons de s’occuper en boîte, même quand on mesure 1m10 et qu’on se prend des dizaines de coups de sacs-à-main et de fessiers dans la figure à la minute.

(Ne me demandez pas d’où viennent ces lunettes, un sombre fou me les a posées sur le nez et je me suis retrouvée incapable de les retirer, en train de crier « Enlevez-les moooiiii! »). Bref, la soirée était cool, bonne ambiance, bonne musique, chouettes cocktails. Quand soudain, le drame. La panne sèche, le fauteuil tombe en rade, je me retrouve immobilisée au milieu de la foule. Une de mes potes s’est mise à crier « Oh mon Dieu !! Comment faire ? Il faut appeler une dépanneuse ! Quelqu’un connait une dépanneuse ??! »

Bien sûr, tout le monde se ballade toujours avec le numéro d’une dépanneuse sur soi ! Bonne idée ! Non mais qu’est ce que tu veux que je fasse avec une dépanneuse ? Je l’aurais bien volontiers empêcher de continuer à ameuter tout le dancefloor, mais immobilisée, je ne risquais pas d’aller bien loin. Et à vrai dire, c’était plutôt cocasse. Je m’imaginais bien repartir tractée sur les quais de Seine, sous la light des gyrophares, cheveux au vent en tenue de soirée…

En fin de compte, le dieu de la dignité a du avoir pitié de moi, et par je ne sais trop quel miracle, j’ai réussi à redémarrer juste le temps de me glisser dans un taxi. Mais ça, c’est une autre histoire…!

Wheelcome a maintenant une semaine ! Merci à tous !

Plus de 10 000 visites pour un blog nouveau-né, c’est beaucoup beaucoup !  

8 thoughts on “Le coup de la panne / One night in Chacha

  1. Super blog, decouvert au hasard de google actualités.
    On se marre bien et on entre dans ce monde tabou du handicap avec legèreté. Entre salauds (spéciale dédicace à ce p***** de chauffeur de bus) maladroits (mignon la batmobile) et j’en passe, c’est tout un regard porté sur le handicap que tu fais décourir au lecteur avec un sens de l’humour aiguisé.
    Tu as déjà (au moins) un fan. Vivement les prochains articles !

  2. Moi aussi, je découvre votre blog par hasard, en fouinant sur Yahoo. Tout autant que la distance prise avec le « handicap » et l’humour sous-jacent omniprésent, c’est aussi le style qui m’a bluffé ! ! ! J’adore et je crois que je vais revenir très souvent. Bravo et merci pour ces excellents moments de lecture. Je mets dans mes blogs « amis », histoire que mes amis en profitent, même si le succès est déjà assuré apparemment ! 😉

  3. Découverte de ton blog dans le figaro (bon je vais être honnête, je ne lis pas le figaro à part quelques articles piochés sur google actu)J’adore ton style d’écriture !!!!!

  4. Je viens de découvrir votre blog à l’occasion d’un article dans le Figaro. Je ne suis pas déçu. C’est vraiment super! Je fais tourner à mes contacts sur les réseaux sociaux!

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